Où en est la pénurie de soignants en France
Le déficit national est estimé à 60 000 infirmiers et 24 000 aides-soignants, selon la Fédération hospitalière de France. Dans les CHU, environ 30 % des postes d'infirmier restent vacants, et 22 % dans les EHPAD publics. Les départs volontaires ont augmenté de 26 % entre 2019 et 2023, et près de 38 % des infirmiers ont plus de 50 ans. Ce déséquilibre pèse sur les équipes, mais il dessine aussi une opportunité claire pour celles et ceux qui souhaitent se lancer.
Le terme LPN, courant en Amérique du Nord, n'existe pas tel quel en France. L'équivalent le plus proche est l'aide-soignant, avec une formation d'un an. Pour des responsabilités élargies, le diplôme d'État d'infirmier en trois ans reste la voie de référence. Le choix dépend de votre projet, de votre rythme et de votre situation familiale ou professionnelle.
Deux parcours pour entrer dans les soins
La formation d'aide-soignant, porte d'entrée rapide
Le diplôme d'État d'aide-soignant se prépare en un an, dans un institut de formation (IFAS). Le volume horaire atteint 1 540 heures, réparties entre enseignements théoriques et stages en établissement. La sélection repose sur un dossier et un entretien, avec une épreuve écrite dans certains instituts. Les conditions d'accès sont ouvertes dès 17 ans, sans condition de diplôme particulière pour la plupart des IFAS.
Le métier consiste à accompagner les patients dans les gestes du quotidien : hygiène, mobilisation, aide aux repas, observation et transmission des informations à l'infirmier. L'aide-soignant travaille toujours sous la responsabilité d'un professionnel de santé. Les débouchés se concentrent dans les hôpitaux, les EHPAD, les services de soins à domicile et les structures médico-sociales.
Pour les candidats en reconversion, la validation des acquis de l'expérience (VAE) permet de faire reconnaître les compétences acquises en poste. Certains organismes proposent aussi un parcours en apprentissage, avec un salaire versé par l'employeur pendant la formation. Cette formule intéresse particulièrement les adultes qui ne peuvent pas se passer d'un revenu.
Le cursus infirmier, une profession en pleine réforme
Le diplôme d'État d'infirmier se prépare en trois ans dans les 337 instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) répartis sur tout le territoire. L'accès en formation initiale passe par la plateforme Parcoursup. La rentrée 2026 marque un tournant : un nouveau référentiel de formation, fixé par arrêté, s'applique aux étudiants qui débutent en première année.
Ce nouveau cursus porte le volume horaire à 4 620 heures, dont 2 310 heures de pratique clinique, contre 4 200 heures dans l'ancien référentiel. La formation s'organise autour de cinq domaines de compétences et treize compétences, contre dix auparavant. Les stages en psychiatrie et en santé de l'enfant deviennent obligatoires, avec une durée minimale de cinq semaines chacun. Le diplôme est désormais délivré par une université accréditée, et non plus par les services de l'État.
Les prescriptions infirmières sont élargies : vaccinations, renouvellements et adaptations de traitement entrent progressivement dans le champ des compétences. Cette évolution renforce l'autonomie des infirmiers et reflète la place grandissante des soins de premier recours dans l'organisation de la santé.
| Parcours | Durée | Volume horaire | Accès | Débouchés principaux |
|---|
| Aide-soignant (DEAS) | 1 an | 1 540 h | Dossier et entretien en IFAS | EHPAD, hôpital, soins à domicile |
| Infirmier (DEI) | 3 ans | 4 620 h | Parcoursup, 337 IFSI | Hôpital, clinique, libéral, secteur médico-social |
| Passerelle AS vers IDE | 1 à 2 ans selon parcours | Selon dispenses | Sélection en IFSI | Évolution vers des postes à responsabilités |
Comment financer sa formation
Les formations paramédicales peuvent être financées selon plusieurs dispositifs. Pour les demandeurs d'emploi, France Travail propose des parcours personnalisés. Le compte personnel de formation (CPF) peut être mobilisé dans certains cas, selon la certification visée. Les régions financent également des places en institut, et l'apprentissage constitue une option pour l'aide-soignant comme pour l'infirmier.
Le salaire d'un aide-soignant débutant se situe autour de 1 800 € bruts mensuels, avec le complément de traitement indiciaire du Ségur de la santé, et peut dépasser 2 900 € en fin de carrière. Un infirmier débute à environ 2 245 € bruts par mois et atteint près de 3 980 € en fin de grille. Les primes de nuit, de week-end et d'ancienneté viennent compléter ces montants.
Témoignage : la reconversion de Sarah, 34 ans
Sarah travaillait dans le commerce à Lyon lorsqu'elle a décidé de se tourner vers les soins. Elle a intégré un IFAS en apprentissage, un choix motivé par la nécessité de conserver un revenu. Les premiers mois ont été intenses : cours théoriques, stages en EHPAD, organisation à revoir. Un an plus tard, elle a obtenu son diplôme et a été embauchée dans un service de soins à domicile. Elle prévoit désormais de préparer le concours d'entrée en IFSI pour devenir infirmière, avec une dispense de certaines unités grâce à son parcours d'aide-soignante.
Ce type de trajectoire illustre une réalité : les passerelles entre les deux diplômes existent et fonctionnent. Les titulaires du DEAS bénéficient d'allègements dans le cursus infirmier, ce qui raccourcit sensiblement la durée totale de la formation.
Les étapes pour se lancer
- Définir son objectif : aide-soignant pour entrer rapidement sur le marché du travail, infirmier pour viser davantage d'autonomie et d'évolution.
- Repérer les instituts : comparer les IFAS et IFSI de sa région, leurs taux d'accès et leurs modalités de sélection.
- Préparer son dossier : réunir CV, lettre de motivation et, le cas échéant, attestations d'expérience pour une VAE.
- Monter son financement : contacter France Travail, la région, ou se renseigner sur l'apprentissage et le CPF.
- S'entraîner aux épreuves : pour les IFSI, le passage par Parcoursup impose un dossier solide ; pour les IFAS, l'entretien de motivation pèse lourd.
- Anticiper les stages : ils comptent pour une part importante de la formation et débouchent souvent sur une embauche.
Des salons régionaux de l'emploi et de la formation en santé organisent régulièrement des rencontres avec les instituts. Les journées portes ouvertes des IFAS et IFSI, généralement programmées entre janvier et mars, permettent de poser ses questions directement aux équipes pédagogiques.
Le secteur des soins n'a jamais autant recruté, et les parcours pour y accéder n'ont jamais été aussi diversifiés. Que vous visiez une insertion rapide ou un cursus complet, une chose est sûre : les équipes vous attendent, et les portes des instituts sont ouvertes.